D’où viennent les 13 desserts de Noël ? Saviez-vous qu’ils ont une origine religieuse ? Sauriez-vous nous les lister ?

Que l’on habite, en France, en Belgique, ou en Suisse, il y a des spécialités culinaires spécifiques à Noël : en Alsace-Lorraine par exemple, c’est le pain d’épices, en Aquitaine la Torche aux marrons, et dans le Languedoc-Roussillon, Le Bras de Gitan. Une autre tradition gastronomique, provençale, celle-ci : les 13 desserts de Noël. Elle remonte à 1683, quand le père François Marquetti, curé d’une paroisse de Marseille, évoque ces desserts de Noël dans son Explication des usages et coutumes des Marseillais.

13 desserts de Noël ou plus, mais jamais moins !

Cependant, leur nombre demeure incertain jusqu’à ce que Joseph Fallen, fervent « félibre » – disciple du poète Frédéric Mistral –, décrétât en 1925 : « Lei caleno : lui tege dessèr, trege o pas, mai ma mai mens » (« Les présents de Noël : les treize desserts, treize ou plus, mais jamais moins ! »).

Et bien sûr, s’ils sont treize desserts, c’est treize comme le Christ fut entouré de ses douze apôtres. Ne pas y voir de mauvaise superstition à table  : nous sommes à Noël, et non à Pâques (la sainte cène se déroule la veille de la Passion du Christ). Ainsi, les 13 desserts de Noël rappellent l’institution de la messe, autrement dit l’Eucharistie, source et sommet de toute vie chrétienne.

Ainsi, ces treize desserts de Noël trônent dès lors sur les tables de Provence, le soir de Noël, après « le gros souper », précédant le réveillon et constitué exclusivement de plats maigres (on attend le Minuit chrétien, en quelque sorte !).

Des desserts fort symboliques…

Plusieurs de ces 13 desserts de Noël sont à portée symbolique :

  1. le nougat noir et le nougat blanc (pour les Rois mages)
  2. les dattes (cueillies par Jésus lors de la fuite de la Sainte Famille en Égypte, dit la légende)
  3. les « Quatre mendiants » représentent les différents ordres mendiants : 4 fruits secs dont, dans le Journal de Lyon du 13 décembre 1873, un chroniqueur pouvait associer « la figue » avec « la robe du franciscain ; « l’amande » avec « la robe écrue du dominicain » ; « la noisette » avec « la robe du carme » ; dans « le raisin » avec « la robe sombre de l’augustin ».

On pourrait presque inventer d’autres desserts en ajoutant les nouvelles communautés d’Eglise nées depuis Vatican II !

Il y a bien plus que 13 desserts de Noël…

Ajouter à cette première liste, suivant les villes et les villages la fougasse, les poires d’hiver, les pommes, les oranges, les clémentines, la patte d’amande, les prunes de Brignoles (dans le Var), le melon vert, les kakis, les arbouses, les grenades… et vous dépasserez largement les 13 desserts de Noël ! Peuvent encore y figurer, le chocolat (nous vous conseillons celui de Bonneval, fait par des religieuse, Noël oblige !), les fruits confits, les calissons, la pâte de coing, les bugnes, les oreillettes…  N’oubliez cependant pas l’indispensable « pompa à l’oli » : la « pompe à l’huile ». Sœur de la fougasse et du gibassié, cette galette se rompt comme le Christ a rompu le pain et se mange trempé dans un vin cuit, du champagne, ou mieux, dans un vin de Noël aussi traditionnel que « maison ».

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