Quand Dieu vient nous épurer… cela donne un merveilleux Noël !

Il y a un an, mon mari tombe très gravement malade. Le diagnostic est sévère : il souffre d’une insuffisance cardiaque permanente et ses poumons sont en très mauvais état. Sa santé est fragile depuis plusieurs années. Sur son dossier médical, il est indiqué : inopérable. Il est hospitalisé en urgence : ses jours sont comptés. Avec un jeune cardiologue, nous voulons malgré tout risquer l’opération. Après l’avoir examiné, le chirurgien nous dit : « Je peux tenter des pontages. Mais les chances de réussite sont assez faibles (30%). »

Après une difficile opération, le chirurgien me confie : « J’ai fait ce que je devais… La suite est encore incertaine. » Pour “la suite”, mon mari prendra sa part et Dieu, la sienne. Nous avons confiance ! Très vite, une chaîne d’amour fraternel se forme autour de nous. Notre famille se mobilise. Nos sept enfants, beaux-enfants et nos dix petits enfants se serrent les coudes. Ils nous soutiennent avec une force splendide, infatigable. De même, nos frères et sœurs, beaux-frères et belles-sœurs, neveux et nièces. Tous les cœurs sont épurés. Tous grandissent dans l’unité, dans l’offrande et la prière. Le relais est assuré. Que c’est beau mon Dieu ! Nous vivons aussi cette épreuve en Eglise. Les communautés religieuses, les Foyers de charité, notre paroisse portent mon mari…

L’évêque m’appelle.

Notre évêque me bouleverse en m’appelant le matin de l’intervention. « Madame, je veux que vous soyez dans la paix. C’est maintenant que vous vivez la grâce du sacrement de mariage. Je dirai ma messe pour votre mari. » Et à partir de cet instant, la paix m’habite. Nos amis ne nous lâchent pas non plus. Ils se manifestent à travers l’accueil, la prière… En rentrant de la clinique, je retrouve là où je suis hébergée un vrai havre de paix.

Nous prions, communions, grandissons ensemble. Souvent la nuit, je ne peux dormir. Je remercie alors Jésus pour cet amour fraternel. Je lui présente les personnes qui forment cette belle chaîne et lui demande de bénir chacune en particulier.

L’Esprit Saint veille, au milieu de nous. Il me fait chanter à la suite de Marthe Robin (une mystique catholique, nldr), « mes prêtres, mes prêtres, offre-moi tout pour eux. Offre-moi ta souffrance, ta peine, ton inquiétude, ton sommeil, ta reconnaissance, ta confiance, ton action de grâce. »

Monsieur et Madame “J’offre tout”

Pendant ce temps, mon mari lutte vaillamment. J’ai la grâce de lui apporter la sainte communion tous les deux jours. Son courage me bouleverse. Il offre tout. Dans sa prière du soir, il chante « Seigneur Jésus, viens vite à mon aide car je n’en puis plus. Je m’éteins lentement. » Je lui dis : « Tu sais, si c’est trop dur, je ne te retiendrai pas. » Il me répond : « Maintenant, nous ne nous appellerons plus Monsieur et Madame Untel, mais Monsieur et Madame “J’offre tout”. »

Ce Noël fut pour moi le plus beau, car dépouillé de tout. Mon temps était pour mon Dieu à qui j’avais dit : « Que ta volonté soit faite et non la mienne. » Après cinquante jours de clinique, dont trois semaines de réanimation, mon mari peut sortir. « Je ne vous dis pas au revoir, mais à Dieu, car Il nous a aidés », commente le chirurgien. Nous ne sommes pas au bout de l’épreuve. Reste pour mon mari à vivre une longue convalescence. Mais nous sommes dans l’action de grâces, émerveillés par la profondeur de l’amour qui nous entoure. Quelques mois après, c’est la rechute. Mon mari doit subir une nouvelle intervention, du poumon cette fois. Cette opération réussie grâce à ce cœur récemment ponté.

A la Toussaint, notre malade est tout à fait remis. Il a repris toutes ses activités. Nous sommes allés rendre grâce aux communautés des Béatitudes, de l’Emmanuel. Merci Seigneur, de nous avoir fait comprendre combien à travers cette épreuve, la prière nous avait portés, unis, enrichis. Merci, sainte vierge Marie, toi le reflet lumineux du regard de Dieu de nous avoir tant soutenus.

Source : Il est vivant!