Serge Bousquet

Totalement indifférent à Dieu, Serge Bousquet nous raconte son plus beau Noël…

Élevé dans une indifférence religieuse totale, je fus baptisé à huit ans sur les conseils d’une voisine. Après des années d’Afrique, je rentrais seul en France, étudiant. Amoureux des vieilles pierres, je me gavais d’églises, tout en ayant pitié de ces pauvres gens que je voyais prier.

“Si tout était pensé, c’est qu’il y avait un Penseur”

En cours de sciences, je compris soudain que tout, dans la nature, était savamment pensé. Et si tout était pensé, c’est qu’il y avait un Penseur. C’est donc par le biais de la science que je m’ouvris à l’idée d’un Être supérieur. Mais dans le même temps, je rejetais toute religion, synonyme pour moi d’obscurantisme.

En décembre, un copain me proposa de me joindre à un groupe partant à la montagne. À mon grand désarroi, je me retrouvai en Compagnie de jeunes catholiques et d’un prêtre. Très mal à l’aise parmi eux, j’assistai aux deux premières messes. Mais ne croyant pas en Jésus, je déclarai que je préférais désormais m’abstenir. Mon copain me demanda de venir une dernière fois. Je me mis au fond de l’église, debout. « Noël ne représente rien pour ceux qui croient vaguement en Dieu mais pas en Jésus », dit le prêtre. Quelqu’un lui avait parlé de moi ! J’étais furieux. « Je n’y suis pour rien », m’assura mon ami. J’étais très ébranlé…

La veille de Noël…

La veille de Noël, errant dans le village, j’aperçus des gosses chahutant dans une salle. J’entrais, et le seul adulte présent me demanda de l’aider à poser des guirlandes. Je me mis au travail. Un grand silence se fit. Me retournant, je compris que j’étais dans une église. C’était un prêtre qui m’avait parlé et… il commençait à célébrer la messe ! Pris de panique, je descendis de l’échelle.

Mais pour ne pas déranger les enfants, je décidai de rester. Soudain, je me sentis aimé d’une manière si intense que cela devenait une Présence. J’aurais voulu hurler ma joie ! Au moment de la communion, je n’avais qu’un désir : recevoir ce Jésus qui s’était révélé à moi. Le prêtre dit : « Ceux qui n’ont pas eu le temps de se confesser peuvent communier, je les confesserai après… »

À la fin de la messe, j’allais donc trouver ce prêtre, lui expliquant que je n’étais croyant que depuis une heure. Il m’accueillit avec bonté. Ce fut mon plus beau Noël.

Source : Il est vivant!