Voici un très beau et véridique miracle de Noël, aux Etats-Unis, dans une maison de retraite.

Erskine Payton se souvient qu’en 1992, la période des fêtes a été glaciale et neigeuse à Louisville, au Kentucky. Personne n’avait souvenir d’un Noël aussi froid. Aujourd’hui, Erskine est connu partout au pays en tant qu’animateur apprécié de l’émission de radio Erskine Overnight, mais à l’époque, lui et son épouse Charlotte avaient un petit boulot : jouer le Père Noël et la Fée des étoiles au zoo de Louisville.

« La veille de Noël, j’en avais vraiment assez de porter ce costume et cette barbe qui m’irritait la peau et d’entendre toutes les peccadilles que désiraient aussi bien les enfants que les adultes pour Noël, confie Erskine. Je souhaitais ardemment rentrer à la maison, m’asseoir près d’un feu de foyer et ne plus penser au Père Noël durant les neuf prochains mois au moins. »

Toutefois, Erskine et Charlotte devaient visiter un autre endroit ce soir-là, avant de pouvoir se reposer. L’anniversaire de sa chère grand-mère tombait le jour de Noël. Elle allait avoir 102 ans.

La maison de retraite…

« Elle nous avait demandé, à Charlotte et à moi, de lui rendre visite dans sa maison de retraite, la veille de Noël. Elle voulait que nous arrivions vêtus de nos costumes afin de faire un  surprise à ses amis. Même si j’étais lassé de mon rôle de Père Noël, je ne pouvais absolument pas refuser ce plaisir tout simple à ma grand-mère que j’aimais tant. »

Les routes étaient couvertes de neige mais encore praticables quand Erskine et Charlotte sont partis pour la maison de retraite, chargés de cannes en sucre à offrir aux personnes âgées.

Un Père Noël en visite dans une maison de retraite

Un Père Noël en visite dans une maison de retraite

« Le visage de ma grand-mère s’est illuminé quand elle nous a aperçus dans notre déguisement de Père Noël et de Fée des étoiles, se rappelle Erskine. Elle voulait nous présenter à tout le monde et nous a demandé de visiter le plus grand nombre possible de pensionnaires. Comme à mon habitude, j’ai commencé par rechigner un peu, mais puisque les deux femmes que j’aimais le plus au monde insistaient pour que je sois un joyeux Père Noël, je n’avais pas d’autre choix que d’y aller de mes meilleurs “Ho-Ho-Ho” en passant d’une chambre à une autre, affublé de ma barbe irritante et de mon costume qui me faisait transpirer. »

Noël serait bientôt terminé…

Après avoir passé quelques heures à distribuer des cannes en sucre à des dizaines de personnes âgées dans le rôle de son Joyeux personnage, Erskine se réjouissait que bientôt Noël serait terminé. Le cœur n’y était plus.

« J’ai remarqué un très vieil homme assis à une table. II marmonnait, tête baissée, paraissant ignorer où il se trouvait. Une jeune femme que j’ai pris pour sa fille l’accompagnait. D’un geste routinier, j’ai déposé une canne en sucre dans l’une de ses mains tremblotantes sans trop me soucier de voir s’il s’en était rendu compte. »

Soudain Charlotte s’est avancée et, d’un ton conspirateur, elle a murmuré à l’oreille du vieillard : « Vous ne voulez pas de canne en sucre du Père Noël, mais peut-être accepterez-vous un petit baiser
de la Fée des étoiles ? »

Elle s’est penchée pour poser un baiser sur la joue du vieil homme. Il a levé les yeux vers elle et lui a adressé un large sourire.

Un miracle de Noël

Au moment où les Payton s’apprêtaient à rencontrer la personne suivante, ils ont été plutôt étonnés de voir la jeune femme assise près du vieil homme éclater en larmes. « Elle sanglotait de manière incontrôlable. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas et nous avons tenté de la consoler. » Lorsqu’elle a enfin réussi à se calmer, elle a enlacé chaleureusement Charlotte et Erskine.

« Mon père a souri ! a-t-elle dit. Il a souri quand la Fée des étoiles lui a donné un baiser sur la joue. Papa est ici depuis huit ans et son expression ne change jamais. Jamais il ne donne le moindre signe
qu’il est conscient de ce qui se passe autour de lui. Et le voilà qui sourit en tenant une canne en sucre ! De toute ma vie, jamais je n’ai reçu un cadeau aussi beau que celui de ce soir, de la part du Père Noël et de la Fée des étoiles. »

Erskine s’est rendu compte que la femme pleurait des larmes de pure joie. Sa barbe ne l’irritait plus. Son costume ne lui paraissait plus si chaud et inconfortable.

La véritable magie de Noël

« A cet instant, dans cette maison de retraite, j’ai découvert la véritable magie de Noël, conclut-il. Maintenant, je sais qu’il existe un esprit de Noël plus fort que la course aux emplettes, le goût d’accrocher des décorations et le besoin, l’envie, la soif de dépenser de gros montants d’argent durant le temps des fêtes. Ce temps de l’année transcende même le sens religieux. Le sourire de ce vieil homme a été le plus beau des présents pour sa fille, mon épouse et… le Père Noël lui-même. »