Charles de Foucauld et Noël : connaissez-vous ce lien très fort ?

 

“Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse !”

Nous n’avons aucun document précis sur la manière dont Charles de Foucauld a passé ce Noël, en 1886, deux mois après sa conversion, mais ce fut sûrement un Noël intense !

Un début de vie chaotique

Charles de Foucauld est né en 1858, il perd son père et sa mère à l’âge de 5 ans et demi. Eduqué par ses grand-parents maternels, le jeune homme, intelligent, achève ses études à Nancy, mais s’éloigne de la foi. « À 17 ans j’étais tout égoïsme, tout vanité, tout impiété, tout désir du mal, j’étais comme affolé… écrira-t-il. J’étais dans la nuit. Je ne voyais plus Dieu ni les hommes : il n’y avait plus que moi. »

Reçu à Saint-Cyr, il intègre ensuite l’école de cavalerie de Saumur et mène une vie ­débauchée, pendant laquelle il dilapide une partie de son héritage. Après huit mois dans le Sahara – « Cela me donna un goût très vif des voyages » , dira-t-il –, il donne sa démission de l’armée en 1882 « pour satisfaire librement ce désir d’aventures », et part explorer le Maroc.

Il écrit : « Au commencement de 1886, je vins me fixer à Paris. J’avais été élevé chrétiennement, mais dès l’âge de 15 ou 16 ans, toute foi avait disparu en moi, les lectures dont j’étais avide avaient fait cette œuvre ; je restai dans le doute complet, surtout éloigné de la foi catholique dont ­plusieurs dogmes, à mon sens, choquaient profondément la raison… Au même âge, ma vie devint dissipée (…). Je faisais le mal, mais je ne l’approuvais, ni ne l’aimais… Vous me faisiez sentir une tristesse profonde, un vide douloureux, une tristesse que je n’ai jamais éprouvée qu’alors (…). Mon Dieu c’était donc un don de vous… Comme j’étais loin de m’en douter ! »

En octobre 1886, dans une lettre à son ami Henry de Castries en octobre 1886, Charles fait le récit de sa conversion :

Charles de Foucauld

Charles de Foucauld

« Pendant que j’étais à Paris, faisant imprimer mon voyage au Maroc, je me suis trouvé avec des personnes très intelligentes, très vertueuses et très chrétiennes ; je me suis dit – pardonnez mes expressions, je répète tout haut mes pensées – que peut-être cette religion n’était pas absurde. En même temps, une grâce intérieure extrêmement forte me poussait : je me mis à aller à l’église, sans croire, ne me trouvant bien que là et y passant de longues heures à répéter cette étrange prière : “Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse !” L’idée me vint qu’il fallait me renseigner sur cette religion où peut-être se trouvait cette vérité dont je désespérais, et je me dis que le mieux était de prendre des leçons de religion catholique comme j’avais pris des leçons d’arabe (…). On me parla d’un prêtre très distingué (l’abbé Huvelin), ancien élève de l’École normale ; je le trouvai à son confessionnal et lui dis que je ne venais pas me confesser car je n’avais pas la foi, mais que je désirai avoir quelques renseignements sur la religion catholique (…). Je demandais des leçons de religion : il me fit mettre à genoux et me fit me confesser, et m’envoya communier séance tenante.

Ô Dieu de bonté qui n’aviez cessé d’agir depuis ma naissance, en moi et autour de moi, pour amener ce moment ; avec quelle tendresse, accourant aussitôt Vous avez couru vous jeter à mon cou et m’avez embrassé ; avec quel empressement Vous m’avez rendu ma tunique d’innocence (…). Comme il est bon, ce père de l’enfant prodigue, mais comme Vous avez fait mille fois plus pour moi qu’il n’a fait pour son fils ! Que vous êtes bon, mon Seigneur et mon Dieu ! Merci… sans fin merci ! (…) Il n’y a pas d’état si méprisé, si méprisable, d’où vous ne tiriez les âmes, non seulement pour les sauver mais pour les attirer, mais pour en faire vos favoris, pour les élever à une grande sainteté. »

En 1888, Charles de Foucauld partira en Terre sainte et il passera Noël à Bethléem.  Ce pèlerinage renforcera sa vocation à imiter Jésus, à Le suivre dans son effacement et son humilité, dans la vie de Nazareth… La phrase d’un sermon de l’abbé Huvelin, entendue peut-être à Noël 1886, l’habite (il ne cessera de la décliner jusqu’à son assassinat, en 1916) :

“Jésus, Vous avez tellement pris la dernière place que jamais personne n’a pu Vous la ravir”.

Il faut dire que naître dans une étable n’est pas très luxueux… (Lire aussi : pourquoi Jésus est-il né dans une étable ?).

Ce que cette conversion peut nous dire…

« Ne désespérons jamais ni pour nous ni pour les autres, ni pour aucun autre, si perdu de vices qu’il soit […], écrit Charles de Foucauld ; ne désespérons jamais, non seulement du salut mais encore de la possibilité d’atteindre une admirable sainteté. Dieu est assez puissant pour cela… »

Mais ce que Dieu ne peut faire à notre place, c’est s’agenouiller et consentir à le rencontrer dans son coeur. Une conversion, qu’elle soit lente ou soudaine, ne s’entérine vraiment que par le baiser du fils prodigue qui revient, à ces mains tendues de Dieu que sont les sacrements, la messe, la confession… Celle de Charles illustre cette promesse du Livre de Tobie, dans la Bible (chapitre 13, verset 6) : « Si vous revenez à Lui, du fond du cœur et de toute votre âme, pour agir dans la vérité devant Lui, alors Il reviendra vers vous, et ne vous cachera plus sa Face ».

Et si, nous aussi, nous revenions à Dieu en profitant de l’occasion de Noël ?

Pour aller plus loin :

Source : d’après un article de F.C. par L.A.