Les rois mages ont-ils existé ? A Noël, ce récit merveilleux a toujours fait la joie de la piété populaire, aussi bien des grands que des petits. Sans parler de la galette des rois que croyants ou non dévorent avec délectation depuis des temps immémoriaux !

Les rois mages donnent de l’or, de l’encens et de la myrrhe (plante aromatique utilisée par exemple dans les embaumements) et s’appellent Gaspar, Melchior et Balthasar. Avec ces noms, ils sont devenus de véritables légendes vivantes. Dans les crèches de Noël, leurs santons les représentent en magnifiques costumes que l’on imagine orientaux, avec des chameaux et des serviteurs.

Qu’en est-il réellement : les rois mages ont-ils existé ?

Les exégètes sont des savants qui étudient les textes religieux et historiques de l’Ancien et du Nouveau Testament en hébreu, en grec, et dans de multiples langues anciennes. Ils vérifient les différents manuscrits, comparent les genres littéraires, les écrits du Judaïsme de la période qui précède immédiatement les récits de la vie de Jésus-Christ qu’on appelle les Evangiles.

Ces exégètes, ainsi que les historiens qui étudient le premier siècle après Jésus-Christ et les premiers temps du christianisme, ont eu tendance à considérer cette histoire comme un récit didactique, c’est à dire destiné à faire comprendre quelque chose plutôt qu’à dire un fait ayant réellement existé. Aujourd’hui, on est plus ouvert à l’idée qu’il y ait des éléments historiques réels dans ce récit :

  1. La cruauté du roi Hérode – avec en particulier le massacre des touts-petits nés en même temps que Jésus à Bethléem – est tout à fait prouvée historiquement ; on sait qu’il a fait d’autres massacres, beaucoup plus importants, à commencer par celui de ses propres fils, par crainte qu’ils ne lui prennent le pouvoir !
  2. On connaît aussi dans l’histoire de l’époque un astrologue arménien, Tiridate, qui en l’an 66 a fait le voyage de Rome pour dire à Néron qu’il avait vu dans les étoiles qu’il était un Dieu. En effet, les astronomes-astrologues avaient coutume de s’adresser aux puissants afin d’en obtenir des récompenses. L’histoire des mages est donc tout à fait vraisemblable, même si elle ne peut être vérifiée absolument, en l’état actuel de nos connaissances historiques. Mais son intérêt explicatif est beaucoup plus important.
  3. On a découvert une histoire tout à fait similaire (1) que relate l’historien romain du 1er siècle Flavius Josèphe (2), dans une version en slavon : des sages venus de Perse visitent Hérode et déclarent « nous venons de Perse, nos ancêtres ont recueilli des Chaldéens, l’astronomie est notre science et notre art…». Dans cette histoire, une étoile leur est apparue et signifie la naissance d’un roi qui dominera sur l’univers. L’étoile les conduit à Jérusalem mais disparaît. Hérode leur recommande de lui indiquer qui est la personne désignée par l’étoile, mais les Perses ne reviennent pas et Hérode fait massacrer 63 000 enfants de moins de trois ans (2)

 

Conclusion : le récit de la Bible sur les rois mages est vraisemblable selon les mentalités et coutumes de l’époque, qu’un récit fort proche est parvenu à Flavius Josèphe. Ce dernier n’y a pas vu de rapport avec la naissance de Jésus, mais la similitude est étonnante. Flavius Josèphe a-t-il été la source de Matthieu ou Matthieu la source de Flavius Josèphe ? Et la cruauté d’Hérode faisant massacrer des enfants ceux des autres comme les siens paraît bien établie. Mais du vraisemblable à la sûreté historique des faits il y a un pas qu’il n’est pas aujourd’hui possible de franchir. Comme souvent les légendes contiennent souvent à leur base des éléments historiques. S’il est malaisé de discerner les contours exacts de ces éléments historiques, tout rejeter en bloc serait encore plus hasardeux !

Et vous, quel est votre avis ? Les rois mages sont-ils historiques ? Venez en parler avec nous par chat’ !

Pour aller plus loin :


Sources :

(1) Voir le livre d’E. Nodet, Histoire de Jésus, Le Cerf, Paris 2003.

(2) Célèbre historien romain né vers 38 et mort en l’an 100 à Jérusalem.

(3) Flavius Josèphe, slavon, Guerre des Juifs, 1400, voir Nodet op. cité, p. 219.


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