Connaissez-vous ce conte de Noël, le quatrième voyageur ?
Une vieille légende de Noël raconte que lorsque les trois saints rois avaient déposé leurs cadeaux devant l’enfant et sa mère, celui-ci ne voulut pas sourire. Marie aurait caché dans les plis de son voile la myrrhe, car elle voyait déjà cette plante amère baignant dans le vin qu’elle aurait à tendre à son fils suspendu en croix, pour étancher sa soif.

Et gênée aussi de voir brûler devant elle cet encens qu’elle avait vu brûler au temple de Jérusalem en l’honneur du Dieu d’Israël, au temps de sa jeunesse, elle détourna ses yeux pleins de larmes. Quant à l’enfant, il ne tendit pas ses petites mains vers l’or éclatant : ce n’était pas pour cela qu’il était venu. Il détourna la tête pour embrasser les larmes qui brillaient sur les joues de sa mère.

Alors, quand la tête du dernier dromadaire eut passé le pli de la dernière montagne, et que le dernier tintement des harnais se fut éteint sur la route de Jérusalem, parut le quatrième voyageur.

D’un lointain pays du Golfe Persique…

Il venait d’un lointain pays sur le bord du Golfe Persique. Lui aussi avait aperçu un soir l’Etoile mystérieuse et inconnue, baignant dans le miroir calme des eaux de la mer. Il  s’était levé et avait tout abandonné, n’emportant que trois perles précieuses et quelques provisions pour la route rondes galettes fleurant bon l’orge de la dernière récolte, belles grappes de la vigne vigoureuse plantée devant la maison. En vain ses amis et ses parents cherchèrent-ils à le retenir. Il mit dans sa ceinture ses trois plus belles perles, aussi grosses que des œufs de pigeon, et partit sans se retourner pour trouver le lieu au-dessus duquel brillait l’étoile.

Il le découvrit… hélas trop tard. Les trois autres rois étaient venus, avaient laissé leurs trésors et étaient repartis. Il arrivait trop tard, seul… et les mains vides : il n’avait plus de perles…

Le cœur gros, il entrouvrit lentement la porte de l’étable, au milieu de laquelle brillait l’or à la dernière lueur du jour, tandis que l’encens faisait monter ses volutes de lumière bleutée et que la Vierge Marie chantait doucement une berceuse à l’Enfant-Jésus qui reposait dans ses bras.

Ce qu’étaient devenues ses trois perles…

La tête baissée, à genoux, il commença à parler timidement : « Seigneur, je viens bien tard et je n’ai rien à t’apporter. J’avais une offrande pour toi, trois merveilleuses pierres grosses comme des œufs de pigeons, de vraies perles de la Mer Persique. Mais voilà… Je ne les ai plus… »

« Les trois rois étaient devant moi sur leurs dromadaires. Et je pressais mon âne tant que je pouvais. Mais il était fatigué. Alors je m’arrêtai dans une hôtellerie pour y passer la nuit et quand j’entrai dans la salle des voyageurs, il y avait un vieillard étendu sur un banc, tremblant de fièvre. »

« Nul ne savait d’où il était. Sa bourse était vide, on allait le jeter dehors parce qu’il n’avait pas d’argent pour payer la pension et le médecin. Alors… Seigneur, pardonne-moi… »

« J’ai donné une perle à l’aubergiste pour qu’il le soignât. Le lendemain je suis parti de bon matin et j’ai fait diligence. J’avais presque rattrape la caravane devant moi quand, en traversant une gorge sauvage au milieu de la forêt d’eucalyptus et des taillis de térébinthes, j’entendis des cris en provenance d’un fourré. Je me suis précipité, Seigneur, et là, horreur ! j’aperçus des soldats qui s’étaient emparés d’une jeune femme et voulaient s’en amuser ».

« J’étais seul. Je ne voulais pas verser de sang en venant te voir. Alors… je mis une seconde fois la main à la ceinture et j’achetais sa délivrance avec une seconde perle. Elle me baisa les mains en pleurant et s’enfuit comme une chèvre agile dans la montagne. »

« Je suis parti bien vite, bien vite pour t’apporter au moins la troisième perle Seigneur, car en me pressant je pouvais être à tes pieds assez tôt le soir. Déjà Bethléem apparaissait au soleil couchant. Mais une légère fumée montait de la ville comme celle d’un incendie. Oui, c’était des soldats d’Hérode qui venaient d’y mettre le feu. Et je les entendais hurler, vociférer : « A mort les enfants de deux ans et au-dessous, tue ! tue ! Ordre du roi Hérode ! » Et – quelle horreur ! – j’aperçus un grand soldat qui balançait par le pied un petit enfant au-dessus du brasier, en narguant sa mère : « Un, deux, trois, je le lâche ! Il fera un bon rôti ! » La mère poussa un cri douloureux. Ah, Seigneur… j’ai donné alors tous mes joyaux, toutes mes provisions de route au soldat pour qu’il lui rendît l’enfant. Mais il voulait davantage… Et je lui ai donné la troisième perle… »

« Seigneur, pardonne-moi, je suis devant toi les mains vides… Je puis tout juste t’offrir cette grappe de raisins prise à ma vigne la plus belle. Les grains en sont un peu fripés, aussi pauvres que la paille sur laquelle je la pose. »

« Pardonne-moi ! »

Un grand silence régna alors dans la grange… Quand le voyageur osa relever son front appuyé contre le sol, il vit le visage de l’enfant qui rayonnait. L’Enfant-Jésus tendit vers les mains vides du voyageur une grappe dont les grains transformés en perles du plus pur Orient éclairaient de tous leurs feux les moindres recoins de l’étable.

Et l’Enfant sourit.

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