Connaissez-vous la pastorale des Santons de Provence ? C’est une merveilleuse histoire qui raconte la naissance de Jésus, en Provence, avec des personnages forts, pleins de réalisme.

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Témoignage de l’auteur, Yves Audouard

Je suis né en 1914. Mes premières années furent marquées par l’absence de mon père Yvan. Il était né en 1876, dans une famille de 18 enfants. Engagé volontaire à 18 ans dans l’armée, il avait mis sept ans pour devenir capitaine. Jusqu’à la guerre de 1914, mon père était fier de son métier. A la fin, il était devenu plus antimilitariste que moi. La fascination qu’exerçait sur moi l’absence de ce père était sans cesse ravivée par la tristesse de Baptistine, ma mère, si inquiète pour lui. Heureusement nous vivions avec ma tante Joséphine.

Ma mère et ma tante m’ont élevé chrétiennement. Le Jésus de maman se sentait chez nous comme chez lui. C’était un véritable « ami » de la famille. Les saints du paradis aussi. Ma mère les invoquait en toutes circonstances, à tel point que je les croyais tous à son service. Ce n’est pas par piété que j’ai écrit la Pastorale, c’est pour elle, en souvenir de mon enfance.

Je crois avoir été le premier à écrire une Pastorale en français. Je l’ai écrite d’un seul jet, en une nuit, il y a plus de quarante-cinq ans… Marcel Pagnol disait : « Avant la Pastorale, il y a les santons. » Daudet a été santon un temps, Van Gogh aussi et même un avant-centre de l’OM, qui a eu son heure de gloire ! Les santons ne sont que des intercesseurs, ils évoluent…

A Marseille, dans les années 20, assister à une représentation de la Pastorale – bien avant la mienne ! – était une grande joie pour tous les petits Marseillais. On la jouait dans chaque quartier, dans une sorte de Maison de la culture tenu par des prêtres, le Cercle. La Pastorale marseillaise, c’était un peu comme le music-hall. A chaque Noël, je me régalais de ces chants provençaux et de ce spectacle qui glorifiait la naissance du « divin petit »

Source : d’après Croire.com