Très populaire dans les régions de l’Est, saint Nicolas est aujourd’hui ignoré dans de nombreux pays où il a été éclipsé par un certain… Père Noël. Toutefois, avouons-le, ce dernier n’aurait jamais vu le jour sans le célèbre saint, qui peut même en revendiquer la paternité !

Saint Nicolas naît au IIIe siècle, en actuelle Turquie. Il tient sa popularité de sa grande générosité. La légende lui attribue également de nombreux miracles. Saint Nicolas aurait redonné la vie à trois enfants après qu’ils aient été tués, découpés et mis au saloir par un boucher. On dit également que, par trois fois, il aurait déposé une bourse d’or sur la fenêtre d’un père sans fortune qui vouait ses trois filles à la débauche.

Si le chiffre 3 tient une place importante dans La légende de saint Nicolas, c’est probablement parce que, évêque de Myre, il aurait participé au concile de Nicée de 325, où fut proclamé le dogme de La Trinité. Quand la Turquie a été envahie au XIe siècle, ses restes auraient été transportés d’abord à Bari, en Italie du Sud, attirant ainsi les foules en pèlerinage.

Au XIIe siècle, un chevalier lorrain, Aubert de Varangéville, rapporte une phalange du saint au village de Port, déplaçant le culte et le pèlerinage déjà populaires, à Saint-Nicolas-du-Port. Naturellement, la
légende de saint Nicolas s’étoffe en une fête pour les enfants. Saint Nicolas est représenté portant tous les attributs épiscopaux, voyageant à dos d’âne pour récompenser les enfants sages en leur apportant, le soir du 6 décembre, cadeaux et friandises.

Au XVIe siècle, la réforme protestante abolit en Europe la fête de saint Nicolas. Seuls les Hollandais gardent leur Sinter Klaas et sa distribution de jouets. Au XVIIe siècle, ils émigrent nombreux aux États-Unis, fondant la colonie Nieuw Amsterdam qui, en 1664, devient New York. En quelques années, la coutume néerlandaise de fêter saint Nicolas se répand aux États-Unis. Les Américains adoptent Sinter Klaas et en font vite leur Santa Claus.

Le vieillard à barbe blanche porte toujours les parures épiscopales. Il est attentionné mais néanmoins moralisateur : le premier Père Noël à un bouquet de verges accroché à la ceinture, il récompense les enfants méritants et punit les dissipés… donnant ici son nom au Père Fouettard.

Après plusieurs décennies, la société chrétienne trouva plus approprié que cette « fête des enfants » soit assimilée à celle de l’Enfant Jésus. Ainsi, dans les familles chrétiennes, saint Nicolas fit désormais sa tournée de cadeaux la nuit du 24 décembre.

Le 23 décembre 1823, paraît dans le journal new-yorkais Sentinel, un conte de Noël écrit par Le pasteur Clement Clarke Moore, intitulé A Visit From saint Nicholas. C’est pourtant le Père Noël qui apparaît alors dans un traîneau tiré par huit rennes sympathique, jovial et souriant, il porte un bonnet pour toute mitre et un sucre d’orge en guise de crosse. Le texte fut traduit et diffusé dans le monde entier. Très vite on oublia saint Nicolas – dont la fête officielle demeurait le 6 décembre – pour ne plus parler que du Père Noël…

D’où le Père Noël tient-il son look en rouge et blanc ?

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En 1930 Coca-cola lance une campagne publicitaire qui révolutionne la tradition. Le dessinateur Haddon Sundblom, sur commande de la firme américaine, est chargé d’inciter les enfants à boire cette boisson gazeuse en hiver, période pendant laquelle elle est logiquement moins consommée. Pour ce faire, il met en scène le Père Noël en train de boire du Coca-cola pour reprendre des forces durant sa distribution de jouets. Le dessinateur habille le vieillard débonnaire de blanc et de rouge, aux couleurs de la célèbre marque. Pendant plus de 35 ans, Coca Cola diffusa cette image du Père Noël dans le monde entier, suffisamment pour qu’elle devienne la représentation du célèbre vieillard, connue de tous.

Source : Il est vivant!